samedi, 20 janvier 2007

L’incroyable destin d’Harold Crick

Je devais pas voir ce film normalement. Mais n’ayant rien à faire vers 15h30, et c’était le seul film susceptible de me plaire, je me suis dis qu’une comédie américaine gnangnante de temps en temps ça ne fait de mal à personne. Et puis voir des choses plus légères au cinéma, ça contrecarre l’idée selon laquelle je suis une fille qui n’aime que les films psychologiques, les tragédies ou les films d’amour kleenex. Donc, allons-y pour une jolie comédie américaine et happy-end de rigueur, avec de l’amour et quand même quelques larmes pour le climax.
 


Certes, le contrôleur du fisc (emmuré dans son quotidien minuté et ses habitudes secondées) , tombe amoureux d’une pâtissière belle et rebelle. S’en suit tout le jeux du je t’aime – moi non plus. Cache-cache sentimental qui finit bien quand même. Puisqu’il finira chez elle, dans son lit.
Mais ce serait trop simple s’il n’y avait pas en plus un élément perturbateur… Harold Crick entend une voix. Celle d’une femme qui raconte dans un langage littéraire toutes ses actions et toutes ses pensées.
Parallèlement, une écrivain  névropathe et célèbre tente de  terminer son roman. Une certaine histoire d’un contrôleur du fisc tombant amoureux d’une pâtissière qu’il a en charge de contrôler. Or, cette écrivain a pour habitude de tuer ses personnages à la fin du roman.
On s’aperçoit très vite que ce qu’écrit l’auteur dicte les actions d’Harold Crick qui est donc destiner à mourir. Et on se laisse embobiner, jusqu’au climax qui nous humidifie les rétines. (Ou peut être juste les miennes).

J’ai trouvé ce scénario original et différant de ces comédies hollywoodiennes, cette mise en abîme de l’action, c’est exactement le genre de situation qui me plaît. De plus, filmer Harold Crick un peut à la manière d’un Sim’s c’était aussi un détail qui me plaisait et qui était justifier dans le sens ou son destin est contrôlé, choisie par une autre personne. Mais le film aurait dû s’arrêter au climax. A défaut de happy-end, la moral du « carpe diem » aurait été très suffisante. « Malgré la fatalité de nos destins qui nous conduira tous à la mort, il faut s’éclater, vivre et réaliser ses rêves. » Ou quelque chose comme ça.
C’est le cas de beaucoup de films qui se croient obliger de proposer un épilogue bancal, une pirouette sur béquilles qui renverse la tendance du film.
Dommage donc.
Dommage aussi pour le jeux de Emma Thompson (la mère du homard dans Love Actually ^^ ) qui manque de justesse sur le personnage de l’écrivain.
 
Je voulais vraiment être surprise par un non happy-end... Donc je suis un peu déçue... Mais il n'empeche, que c'est un film rafraichissant... les happy-end ça fait du bien :) 

mardi, 16 janvier 2007

L'Etrangère

 
 
 
« You wanna go to Heaven, but you cannot fix the sun »

L’Etrangère
, est le premier film réalisé par Florence Colombani, et le premier film que je vois cette année 2007.
Ici, juste mon point de vue, ma propre vision des liens entre les personnages. Mon interpretation du mot étranger. 
 
L’histoire, simple. Une jeune américaine : Sophie, vit à Paris entre une petite scène de théâtre, l’Opéra Bastille où elle travaille comme habilleuse, et le musée. Théâtre – Opéra – Musée.  Et les rues de Paris comme des ponts. Ce seront les seuls lieux filmés. Des personnages gravitent autours d’elle. David son metteur en scène, au théâtre. Une cantatrice suédoise qu’elle habille tout les soirs à l'Opéra. Valentin, un inconnu amoureux. Trois personnages et elle.

«  You wanna go to Heaven ? Baby you’re trapped in your cocoon. »

Dans étrangère, il y a étrange. Et Sophie est un étrange personnage.
Que cache ses grands yeux bleus qui captivent tant. ? Quelle douleur enfouit-elle tant bien que mal ? Quel secret ? A quoi pense t-elle ?  On en sait pas grand chose, voir rien. Tout est ambigu. Si c’est une étrangère à Paris, c’est aussi une étrangère pour le public. Et curieusement on s’attache sans trop savoir pourquoi. On s’attache grâce à des regards caméra. Elle veut nous délivrer un secret, on est en attente mais les regards sont difficiles à comprendre, on verra pourquoi plus tard…  
On devine, on apprend qu’elle voudrait être vu, être aimer. Elle voudrait aller au Paradis alors qu’elle ne peux fixer le soleil. Elle nous regarde nous, mais elle ne regarde jamais les personnages sincèrement dans les yeux (il faut attendre la fin du film pour ça). Elle observe et admire secrètement la cantatrice suédoise, qui ne semble pas la voir. Lorsqu’elle regarde David dans les yeux, c’est lorsqu’elle joue un rôle. Et Valentin, elle le fuit, se détourne de lui.
L’américaine à Paris, cache ses sentiments au grand jour et les remplace par des phrases déjà écrites. Souvent elle s’approprie les répliques de l’opéra qu’elle voit tout les soirs : Le Chevalier à la Rose (l’histoire d’un triangle amoureux), ou bien les répliques d’Isabelle (le personnage d'une étrangère dans une pièce d'Henry James) Elle fait de sa vie une œuvre d’art. Je crois que c’est pour cela que les lieux filmés ne sont que des institutions des Beaux-Arts.   Or une œuvre d’art, c’est hors du temps. Alors Sophie est étrangère à la réalité. Elle veut aller au Paradis, mais elle est prisonière dans son cocon.

« Love is the way you want it, but not in the way they try. »

L’amour dans le film est tout aussi étrange et ambigu que celle qui le cherche.
Il se créer un triangle amoureux et Sophie est le sommet de la pyramide. Au deux autres pointes, il y a la cantatrice et Valentin.
La Cantatrice, joue le rôle d’Octavien dans le Chevalier à la Rose. (Celui-ci est amoureux de deux femmes qui l’aiment aussi. Au dernier tableau de l’opéra, il n’en choisi qu’une seule.) Sophie a énormément d’admiration pour cette elle. Le spectateur n’est pas dupe, Sophie est amoureuse. Mais cette dernière ne sent pas l’amour de la Cantatrice en retour.
La Cantatrice, quant à elle, je crois, à une certaine attirance pour ce jeune homme inconnu qui vient à toutes les représentations. C’est vrai qu’un admirateur secret, ça a de quoi faire rêver. Sauf que Valentin ne vient pas pour elle, mais pour Sophie.
 Le triangle est tracé.
Finalement, Sophie cède à Valentin après l’avoir fuit, sans doute avait-elle peur de lui et de son omnis présence. Lorsque la Cantatrice lui lance le regard qu'elle a tant désiré, elle se sent néanmoins bouleversée et touchée. La suédoise sait bien que malgré ce regard elle ne gardera ni Sophie, ni Valentin.
Sophie est le Octavian du Chevalier à la Rose, elle peut enfin s'identifier à son modèle. Ce regard est le passage du rôle. Elle a choisie Valentin, la cantatrice accèpte.

Et David ? Ce dernier, c’est le mentor. On ne sait pas ses sentiments pour Sophie, l’aime t-il ? Ou bien est-ce de la comédie… du théâtre, comme ce qu’il enseigne ? Il est aussi confident de Sophie, c’est maïeuticien de la pensée et des sentiments qui même après sa mort brutale va la suivre partout.

Pour finir, il y a deux autres étrangers dans le film.
Le spectateur, qui ne peut rentrer dans le cercle des personnages et où s’identifier. Pourtant, grâce aux regards caméra il est tenu complice mais aucune clés ne lui ai donner. C’est à lui de comprendre la complexité, la toile minutieuse des relations entre les personnages, le complexe kaléidoscope de la psychologie de Sophie. Et pour l’aider, il y a le dernier étranger du film. Un étranger musical:  « The apemen, the bride and the buterfly » de Jack the Ripper. Un étrange morceau, d'un étrange groupe (j'en ai déjà parler) Rien a voir donc avec le reste de la musique classique du film. Et pourtant dans les paroles, donnent quelques pistes sur ce qui se qui bouillonne dans l'esprit de Sophie.  
 
 
 
 
 
 
---------------------------------------------------------------- 
 
Je profite de mes deux semaines de vacances dû à la fin des partiels pour me gaver de cinéma.
Pelle-melle Hollywood Land, La Science des Rèves, Little Miss Sunshine, Dans Paris, Volver, Scoop, The Fountain, Fur, Hors de Prix.
Fiou. Vous aurez de quoi lire ces prochains jours :)  
medium_DSC_0198.JPG
 

lundi, 20 novembre 2006

The Nightmare before Christmas

Non, je ne vais pas faire un commentaire de ce célèbre film qui fût LE film de mon enfance. 

Elsa, Louise si vous passez par là ;)

 

medium_nbxmasSmall.jpg

Mais en faite, je viens de découvrir (suite à un article sur Parano), que le chef d'oeuvre de Tim Burton était (depuis le 20octobre) resortie en salles aux USA. Mais remasterisé, et réadapté en 3D (on prend des petites lunettes et on regarde le film et Jack parrait sortir de l'écran..)

 

Soit.

Mais en plus... Mais en plus (!!!) ... Ils ont aussi remasterisé la magnifique soundtrack de Danny Elfman ainsi que re-doublé les voix.. 

Résultat: MySpace pour écouter quelques reprises et voir la bande annonce  & Un truc pour en écouter plus 

(on notera que  This is Halloween a été reprise par un certain Marilyn Manson...n'étant pas très amatrice de ce dernier... enfin bon... J'aime pas mal la version de What this? de Fall out boy, c'est rock'n'roll.. mais ça ne vaut pas la version originale!)

 

Sur l'idée de resortir le film en salle. Soit. Il faut faire découvrir à la jeunesse d'aujourd'hui ce magnifique film. Mais était-ce utile le 3D, la musique... Je ne pense pas. (Mais bon si ça donne envie de découvrir la version originale...)  A quand une version de Singin' in the rain interprété par Britney Spears et M. Pokora, et les Demoiselles de Rochefort par la Star Ac'? 

 

 

(Apparement ça ne sortira pas des frontières américaines...)  

vendredi, 06 octobre 2006

Dans Paris

Il y a des films dont on ne sort pas comme en entrant dans la salle... je le savais.

Dans Paris fait parti de mon panthéon des films à voir avant de mourir, je le sais.  

Dur de faire son petit blabla quand les mots de la critique Télérama ont déjà tout dit qu'il devient très difficile d'en dire quelque chose sans faire de paraphrases maladroites. 

En fait, la première pensée qui est née lorsque les lumières de la salle se sont ralumées à la fin de la projection furent: "je ne sais pas quoi dire, ni quoi penser". Je l'ai dit à Alix avec des grands yeux ouverts et un peu humides.

Des yeux qui viennent de manger 1h30 d'émotions toutes crues. 

Alors au lieu de parler du film (dont je ne savais quoi dire à cet instant). J'ai parlé de l'acteur.

Romain Duris que décidement j'aime de plus en plus. Et puis c'est plus facile de parler de lui, pour commencer.

Oui, encore un Romain Duris et ses fesses sur grand écran au bout de quelques minutes à peine de pellicule. 

Oui, encore un Romain Duris victime de l'amour.

Mais pas que.

Ce n'est pas un de ces personnages un peu frimeur, un peu baratineur, un peu en galère, un peu trop sûre de lui, un peu faux-gros-dur...ect. Ca aurait pu ressembler, un peu à Tom dans De battre mon coeur s'est arreté mais loin de là. Je ne l'ai jamais vu, je crois, jouer comme il vient de le faire devant moi pendant 1 heure 30.

En fait, Duris, ici, il m'a fait pensé à Belmondo.Christophe Honoré (le réalisateur) à Godard. Et où Dans Paris serait un Pierrot le Fou moderne dans le cadre et la musique d'A bout de souffle.

C'est là je crois que je voulais en venir.

 

Comme c'est écrit un peu partout, Dans Paris, c'est un hommage à la Nouvelle Vague. 

Paul ne se peint pas la figure en bleue avant de se faire exploser à la dynamite. Mais il saute d'un pont dans la Seine à 4h du mat, puis reviens presque tranquillement. Paul est fou, comme Pierrot, d'amour, pour une femme bien compliquée. Si bien qu'il en est depressif. Pas rasé, pas habillé (en vieux gillet/caleçon/pantalon de pyjama). Paul pleure, crie, chante et chante au telephone, rigole parfois... Et transpire l'émotion brut, l'émotion humaine. Et l'envie d'être cette petite soeur décédée: Claire, la seule à qui il voudrait parler. (J'aime décidement les personnages compliqués...)

Et puis il a Jonathan (Louis Garrel), le petit frère de Paul , et ses cheveux tout bizarre, lui c'est le coureur de jupons, celui qui peut se faire trois filles dans la même journée, mais qui au final est un peu imature qui ne se décide pas vraiment à aider son frère, qui ne prend pas beaucoup de responsabilité et retrouve un regard de gosse à la lecture d'un album pour enfants. Ca aurait pu être joué par Romain Duris, ça. Mais ça aurait été trop facile.

 

J'avais pas aimé Pierrot le Fou la première fois. J'ai appris à aimer le cinéma de Godard. Je pense que sans cet apprentissage, je n'aurais pas aimé Dans Paris

 

 (photos: http://www.dansparis-lefilm.com/ )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

--------------------------------------------

Bonus

 

J'ai dis que je suis aller voir Le Diable s'habille en Prada.

Si envie de belles histoires avec des jolies filles, un beau mec, une belle image de Paris et de New York, une envie de Starbuck...

Si envie d'un bon divertissement à la sauce US holywoodienne

Oui, allez voir Le Diable s'habille en Prada. 

C'est le film du samedi soir pluvieux... 

Je crois que tout est dit :) 

mercredi, 03 mai 2006

Collision


podcast
medium_crash.jpg

 

 

"Deux voleurs de voitures.

Un serrurier mexicain.

Deux inspecteurs de police qui sont aussi amants.

Une femme au foyer et son mari, district attorney.

Tous vivent à Los-Angeles.

Eux et beaucoup d'autres ne se connaissent pas.

Leurs vies n'auraient jamais dû se croiser.

Pourtant dans les prochaines 36 heures,

leur destins vont se rencontrer,

Révélant ce que chacun voulait cacher ou ne pas voir..."

 

 

 

 

Collision porte bien son nom...En plus d'être une série de destins, de vies, qui s'entre-choquent, ça bouge à l'interieur du spectateur. Les émotions se choquent entre elles et contre un mur, celui d'une société dont les individus ne seront jamais parfaits, jamais égaux, mais où tous tirent la couverture de leur côté.

On pourrait se sentir inssensible pour ce problème de société des Etats-Unis post 11 septembre. Mais le film place le spectateur devant ces propres préjugés qui se percutent entre eux.

Ca pourrait être un peu facile comme thème, l'exclusion, le racisme...ect..., et tellement "à la mode", si je peux me permettre... Mais il est traité d'une telle habilletée, ce scénario, subtile mélange entre la simplicité et la complexité, comme une toile d'araignée. Il ne se passe pas grand chose en apparance, les petites histoires sont assez détachées des unes des autres et ce n'est vraiment que progressivement, doucement, que l'étau se resserent, et qu'à la fin du film que tout les éléments s'assemblent comme une évidence presque.

Images et musiques sont tout aussi superbes, elles se viennent qu'aider le scénario à prendre toute sa dimension.

Au sentiment d'ensemble, on croit qu'on va pleurer, on pleure déjà...on a tord...on sourit, mais on a quand même les yeux humides parce que ça transpire l'émotion ces scènes là... [je n'en dirais pas plus, promis ;) ]